Perturbateurs endocriniens : peu de PFAS en Wallonie

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La pollution découverte sur le site de l'usine 3M à Anvers a engendré des interrogations sur la présence des PFAS en Wallonie. Les PFAS sont des substances chimiques à longue durée de vie et nocives pour l'environnement et les personnes. Suite à l'état des lieux réalisé par la SPAQUE, l'ISSEP et le Service public de Wallonie, aucune diffusion de la pollution en cours en Flandre vers la Wallonie n'a été constatée, tant au niveau des sols que de l'eau.

En Wallonie, le réseau de mesures environnemental actuel intègre les PFAS dans ses analyses depuis 5 ans. La Région dispose de réseaux de mesures parmi les plus denses d'Europe, qui assurent le suivi de l'état des composantes environnementales (air, eaux de surface et souterraines, sédiments, faune, flore,...). Environ 18 millions d'euros y sont consacrés annuellement.

Analyse environnementale : un constat rassurant 

Suite à la pollution en Flandre, l'administration wallonne a procédé à un screening des entreprises des secteurs potentiellement à risque en procédant par priorité. A ce jour, sur l'échantillon des permis déjà analysés par l'administration, aucune situation nécessitant une intervention urgente n'a été relevée. Au niveau des rejets industriels, 36 analyses avaient déjà été effectuées entre 2017 et 2021 sur 20 établissements. Aucun dépassement des normes « eaux de surface » n'avait été constaté lors de ces analyses.

  • En ce qui concernent les eaux de surface, depuis 2017, les analyses réalisées sur les eaux de surface montrent que les 5 PFAS analysés (PFOS, PFOA, PFHxA, PFHxS, PFHpA) par le réseau de mesure sont présents dans l'eau un peu partout mais à des concentrations faibles. 
  • En ce qui concerne les eaux potables, les analyses des 5 PFAS réalisées jusqu'ici dans les eaux potables se veulent rassurantes car les concentrations relevées sont très faibles également. 
  • En ce qui concerne les analyses sur les poissons : 56 stations ont été analysées avec présence de PFOS dans tous les poissons mais un dépassement des valeurs seuils a été constaté uniquement dans deux stations.  
  • En ce qui concerne les sols : aucune terre excavée provenant d'un rayon de 40 km autour de l'usine 3M n'a été enregistrée par Walterre depuis la mise en place de ce système de traçabilité des terres en mai 2020. Par ailleurs, ces substances, même si elles ne sont pas normées dans le décret sol, sont assorties de valeurs limites de référence pour le PFOA et le PFOS.

Impact sur la santé des Wallons

La Région wallonne suit de près l'impact des perturbateurs endocriniens mais également d'autres substances chimiques, sur la santé des personnes. Un biomonitoring général de la population wallonne a été initié en janvier 2020 auprès de 600 Wallon.ne.s appartenant à 3 catégories d'âge jusqu'ici ; à savoir, les nouveaux nés, les adolescents (12- 19 ans) et les jeunes adultes (20-39 ans).  

La première phase de l'étude a mesuré des traces de polluants comme les métaux (mercure – dans l'urine), les HAPs (hydrocarbures aromatiques polycycliques), 4 PCBs (sang), pesticides (urine et sang), glyphosate et bisphénols. Certains de ces produits sont des perturbateurs endocriniens.

Les analyses plus spécifiques de certains PFAS ont été envisagées dans la seconde phase de ce biomonitoring qui va débuter cette année. Il y aura donc bien des résultats disponibles à ce sujet.  

Par ailleurs, les PFAS appartiennent à la catégorie des perturbateurs endocriniens pour lesquels la Wallonie a lancé plusieurs actions de prévention dans le cadre du plan Environnement-Santé.  

Outre le suivi scientifique dans l'environnement (réseaux de mesures) et chez l'être humain (biomonitoring), les actions de prévention prévues dans le plan ENVIeS vont cibler :   

  • Dans le milieu médical : des médicaments, du matériel médical peuvent contenir des perturbateurs endocriniens. Des actions vont être menées au sein des hôpitaux pour sensibiliser le secteur de la santé à limiter l'exposition du public mais aussi du personnel médical à ces substances. Ce programme sera étendu aux médecins généralistes et maisons médicales.   
  • Dans le milieu de la petite enfance : des actions visant les milieux d'accueil de la petite enfance vont également être menées, visant à éviter l'utilisation de certains produits contenant des perturbateurs endocriniens (ex : produits désinfectant). La volonté est d'étendre et diffuser des outils de prévention auprès des écoles et des parents.  
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